Dissensus Médiation porte ce nom parce que la médiation ne consiste pas à imposer un consensus. Elle offre un cadre pour reconnaître, clarifier et travailler un désaccord afin que les personnes puissent décider librement de la suite.
Pourquoi donner à une activité de médiation un nom qui évoque précisément l’absence d’accord ? Parce que la médiation commence rarement par un consensus. Elle commence le plus souvent par un désaccord devenu difficile à exprimer, à entendre ou à supporter.
J’ai choisi le nom Dissensus pour partir de cette réalité sans la masquer : les personnes qui entrent en médiation ne pensent pas nécessairement la même chose, ne racontent pas toujours la même histoire et ne souhaitent pas forcément parvenir à la même solution. Elles peuvent cependant encore travailler ce qui les oppose.
Que signifie le mot « dissensus » ?
Le mot dissensus désigne une situation dans laquelle aucun consensus ne se dégage. Il renvoie plus largement à une divergence de perceptions, d’intérêts, de besoins, de valeurs ou de convictions.
Le désaccord n’est pas nécessairement une anomalie. Il existe dans les familles, les entreprises, les associations, les relations commerciales et toutes les situations dans lesquelles plusieurs personnes doivent décider, agir ou continuer à vivre ensemble.
La difficulté apparaît lorsque ce désaccord ne peut plus être formulé sans provoquer une nouvelle confrontation, lorsque chacun cesse de se sentir entendu ou lorsque le conflit finit par occuper toute la relation.
Nommer le dissensus ne revient donc pas à entretenir le conflit. Cela permet, au contraire, de partir de la situation telle qu’elle existe réellement.
Pourquoi partir du désaccord plutôt que le dissimuler ?
Un accord apparent peut parfois masquer des incompréhensions, des contraintes ou des ressentiments qui demeurent. À l’inverse, reconnaître clairement ce qui sépare les personnes permet de savoir sur quoi un travail est encore possible.
La médiation n’exige pas que chacun abandonne sa lecture de la situation. Elle permet de distinguer ce qui relève des faits, des perceptions, des besoins, des limites ou des intérêts de chacun. Cette clarification peut réduire les malentendus et redonner aux participants une capacité de décision.
La médiation ne fabrique pas un consensus de façade
On imagine parfois que le rôle du médiateur consiste à convaincre chacun de faire un pas vers l’autre jusqu’à obtenir un compromis. Ce n’est pas ma conception de la médiation.
Le médiateur n’impose aucune réconciliation, ne décide pas de la solution et ne cherche pas à produire un accord à tout prix. Il ne demande pas aux participants de renoncer à leurs convictions pour préserver les apparences.
Son rôle est d’établir un cadre dans lequel le désaccord peut être exprimé, clarifié et entendu sans être immédiatement transformé en affrontement.
Une médiation peut aboutir à un accord total, à un accord partiel ou au constat que certains points resteront durablement en désaccord. Cette dernière situation ne signifie pas nécessairement que le travail a échoué. Comprendre précisément ce qui sépare les participants, limiter l’escalade ou permettre à chacun de prendre une décision éclairée peut déjà constituer une avancée importante.
Comment travaille-t-on un désaccord en médiation ?
Derrière une position apparemment rigide se trouvent souvent des préoccupations qui n’ont pas été entendues : un besoin de sécurité, une crainte, une contrainte pratique, un sentiment d’injustice, une limite à respecter ou la volonté de préserver une relation importante.
Tant que les échanges restent enfermés dans les accusations et les réponses défensives, ces éléments demeurent difficilement accessibles. Travailler le dissensus consiste notamment à :
- distinguer les faits, les perceptions et les interprétations ;
- permettre à chacun d’exprimer ce qui doit réellement être compris ;
- identifier les besoins, les contraintes et les points non négociables ;
- faire apparaître les sujets sur lesquels une évolution reste possible ;
- rechercher des options concrètes sans imposer de solution ;
- permettre aux participants de décider en connaissance de cause.
La médiation ne fait pas disparaître les différences. Elle cherche à éviter qu’elles rendent toute décision ou toute relation impossible.
Faut-il être d’accord sur le passé pour avancer ?
Pas nécessairement. Deux parents séparés peuvent conserver des perceptions très différentes de leur histoire tout en parvenant à organiser la vie de leurs enfants.
Deux associés peuvent ne pas partager la même analyse des difficultés de leur entreprise, mais décider ensemble des conditions d’une poursuite ou d’une séparation. Des collègues, des partenaires commerciaux ou les membres d’une association peuvent reconnaître qu’un désaccord persiste tout en retrouvant une manière praticable de communiquer et d’agir.
Les personnes n’ont donc pas toujours besoin de parvenir à une version commune du passé pour construire une décision concernant l’avenir. C’est aussi ce que signifie le nom Dissensus : reconnaître ce qui sépare, sans considérer que cette séparation rend nécessairement tout travail commun impossible.
Ce nom engage ma pratique de médiateur
Choisir ce nom crée une exigence. Il oblige à ne pas prétendre que toutes les situations peuvent être résolues. Il interdit de réduire la médiation à une recherche rapide de compromis. Il rappelle que le médiateur n’est ni un juge, ni un arbitre, ni le conseil de l’une des parties.
L’engagement de Dissensus Médiation porte sur le cadre proposé : un espace de travail indépendant, impartial et confidentiel dans lequel chacun conserve sa liberté de parole, de décision et de mettre fin au processus. La solution, lorsqu’elle existe, reste celle des participants.
Questions fréquentes
Le mot dissensus signifie-t-il que la médiation a échoué ?
Non. Le dissensus décrit l’existence d’un désaccord. La médiation permet de le clarifier et de rechercher une issue praticable, sans garantir ni imposer un accord.
Une médiation doit-elle forcément aboutir à un accord ?
Non. Elle peut conduire à un accord total, à un accord partiel ou à une compréhension plus précise des points de désaccord. Les participants restent libres de décider de la suite.
Le médiateur cherche-t-il à imposer un compromis ?
Non. Le médiateur organise le cadre des échanges et facilite la clarification de la situation. Il ne décide pas à la place des participants et ne leur impose aucune solution.
Quand le dialogue se bloque, le désaccord peut encore être travaillé
Cette phrase résume l’approche de Dissensus Médiation. Le conflit ne disparaît pas parce qu’on l’ignore, mais il ne doit pas nécessairement décider à la place des personnes concernées. Entre le consensus forcé et la rupture, il existe parfois un espace pour comprendre, clarifier, décider et construire une issue praticable.
Pour aller plus loin, vous pouvez découvrir comment se déroule une médiation conventionnelle. Si vous souhaitez savoir si ce cadre peut correspondre à votre situation, vous pouvez aussi présenter les éléments essentiels de votre situation, sans transmettre de document ni d’information inutilement sensible.
Dissensus Médiation propose des entretiens en présentiel à Chambéry et Aix-les-Bains, dans le Pays Voironnais et le Nord-Isère, ainsi qu’à distance.